Au-delà de la planète silencieuse

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Un philologue de Cambridge enlevé et emmené sur Mars découvre que la planète qu'il croyait hostile est habitée de peuples sages… et que la Terre est la seule planète muette du système solaire. Le premier roman de science-fiction de Lewis, né d'un pari avec Tolkien.
Elwin Ransom, professeur de philologie, part seul en randonnée dans la campagne anglaise. Il frappe à la porte d'une maison isolée et tombe sur deux hommes peu recommandables : Weston, un physicien obsédé par la survie de l'espèce humaine, et Devine, un ancien camarade d'école attiré par l'or. Drogué, Ransom se réveille à bord d'un vaisseau spatial en route vers Malacandra, le nom que ses habitants donnent à Mars. Ses ravisseurs pensent le livrer en sacrifice aux indigènes. Dès l'atterrissage, il s'enfuit. Commence alors un voyage d'exploration : Ransom apprend la langue des hrossa, des êtres pêcheurs et poètes, rencontre les séroni, savants des hauts plateaux, et les pfifltriggi, artisans des profondeurs. Il comprend peu à peu que les trois peuples vivent en paix sous l'autorité d'un être de lumière, l'Oyarsa, et que la Terre, Thulcandra, est « la planète silencieuse » : coupée du reste du ciel depuis que son propre gardien s'est révolté. Le roman culmine dans une audience où Weston, sommé de s'expliquer, révèle à quel point son rêve de conquête spatiale est vide.
- Accroche originale (balise <title> et sous-titre) — Mars sans martiens hostiles : le roman qui renverse la conquête spatiale
- titre original — Out of the Silent Planet
- Année(s) de première parution (texte) — 1938
- serie — La Trilogie cosmique (1/3)
- Genre précis — Roman de science-fiction
- categorie — Fiction
- Première édition anglaise — The Bodley Head, Londres, 1938
- Disponibilité en librairie (relevé daté) — Épuisé en neuf selon un relevé de 2024 ; se trouve facilement d'occasion et en bibliothèque.
- Niveau de lecture (texte) — Facile — dès 13-14 ans
- Genèse — Vers 1936, Lewis et Tolkien constatent qu'il y a trop peu d'histoires du genre qu'ils aiment lire. Ils tirent au sort : Lewis écrira un voyage dans l'espace, Tolkien un voyage dans le temps. Lewis tient parole en quelques mois. Il a lu H.G. Wells et David Lindsay (*A Voyage to Arcturus*), et réagit aussi à des écrits qui rêvaient de voir l'humanité se répandre de planète en planète. Il veut montrer qu'on peut utiliser la science-fiction pour parler d'autre chose que de machines. Le manuscrit est refusé une première fois avant d'être accepté par The Bodley Head, sur la recommandation de Tolkien.
- Accueil et influence — Le livre est bien reçu, même si peu de critiques remarquent sa dimension religieuse. Lewis s'en amuse dans une lettre : on pourrait, selon lui, faire passer beaucoup de théologie dans l'esprit des gens sous couvert de roman sans qu'ils s'en aperçoivent. Il est aujourd'hui considéré comme un classique de la science-fiction de l'entre-deux-guerres, souvent rapproché de Wells et d'Olaf Stapledon. Arthur C. Clarke, qui ne partageait pas du tout les idées de Lewis, a entretenu avec lui une correspondance sur la conquête spatiale.
- Ce qui annonce Narnia — Bien des éléments annoncent Narnia : des animaux qui parlent et chantent, un monde ordonné par une puissance bienveillante, des gardiens célestes proches des étoiles vivantes de *L'Odyssée du Passeur d'Aurore*. Le hross Hyoi, poète et chasseur, a quelque chose des grands animaux narniens.
- Public — Excellent premier livre de Lewis pour un adolescent ou un adulte qui sort de Narnia et aime l'aventure. Court, haletant, il se lit en deux soirées. Lisez-le avant les deux suivants.
- adaptations — Aucune adaptation au cinéma. Plusieurs lectures et adaptations radiophoniques en anglais.
- Ce qu'en retient un lecteur d'aujourd'hui — À l'heure où des entrepreneurs promettent de coloniser Mars, le roman de 1938 se lit avec une curieuse actualité : Weston, le physicien prêt à tout pour que l'espèce humaine s'installe ailleurs, ressemble à certains discours d'aujourd'hui. Lewis pose une question simple que la science-fiction a souvent oubliée : et si les autres mondes n'avaient pas besoin de nous ?
- Conseil d'entrée — Niveau : Facile — dès 13-14 ans. Excellent premier livre de Lewis pour un adolescent ou un adulte qui sort de Narnia et aime l'aventure. Court, haletant, il se lit en deux soirées. Lisez-le avant les deux suivants.
- Première année (entier), pour trier et filtrer — 1938
- Disponibilité normalisée : disponible, epuise, non_traduit, a_verifier, autre — epuise
Autres titres français
- Le Silence de la Terre
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- Le Silence de la Terre — 1952 — Marguerite Faguer — première traduction française ; éditeur non indiqué par la notice BnF
- Le Silence de la Terre ; Voyage à Vénus ; Cette hideuse puissance — Club du livre d'anticipation (Opta) — Paris — 1967 — Marguerite Faguer (pour ce roman) — la trilogie en un volume, introduction de Sam Moskowitz
- Le Silence de la Terre — Retz — Paris — 1975 — Marguerite Faguer — illustrations de Christian Broutin
- Le Silence de la Terre — Oswald (Néo) — Paris — 1981 — Marguerite Faguer
- La Trilogie cosmique — L'Âge d'Homme — Lausanne — 1997 — Maurice Le Péchoux — les trois romans en un volume
- Au-delà de la planète silencieuse — Gallimard, Folio SF n° 301 — 2008 — Maurice Le Péchoux
themes
- La peur de l'inconnu retournée : le « monstre » est un voisin.
- La critique du scientisme et de l'impérialisme (Weston veut coloniser l'espace à tout prix).
- Un cosmos vivant et ordonné, opposé à l'espace « vide et noir » de la science-fiction moderne.
- La langue et la traduction : le héros est philologue, comme Tolkien.
- La chute : une seule planète a refusé l'ordre du ciel.
Citations courtes avec source
- Un plaisir n'atteint toute sa taille que lorsqu'il est remémoré. — Au-delà de la planète silencieuse, ch. 12 (paroles de Hyoi) — traduction du site
Famille de l'œuvre (groupe de navigation) : {slug, titre}
Romans et récits
Synonymes et noms alternatifs (noms originaux, autres traductions, genre…), pour Meilisearch
- Out of the Silent Planet
- Le Silence de la Terre
- Roman de science-fiction
- Fiction
Un philologue de Cambridge enlevé et emmené sur Mars découvre que la planète qu'il croyait hostile est habitée de peuples sages… et que la Terre est la seule planète muette du système solaire. Le premier roman de science-fiction de Lewis, né d'un pari avec Tolkien.
Fiche express
- Titre original : Out of the Silent Planet (1938)
- Série : La Trilogie cosmique (1/3)
- Autres titres français : Le Silence de la Terre
- Genre : Roman de science-fiction
- Première édition : The Bodley Head, Londres, 1938
- En français : Épuisé en neuf selon un relevé de 2024 ; se trouve facilement d'occasion et en bibliothèque.
- Niveau de lecture : Facile — dès 13-14 ans
Par où l'aborder
Niveau : Facile — dès 13-14 ans. Excellent premier livre de Lewis pour un adolescent ou un adulte qui sort de Narnia et aime l'aventure. Court, haletant, il se lit en deux soirées. Lisez-le avant les deux suivants.
Le livre en quelques lignes
Elwin Ransom, professeur de philologie, part seul en randonnée dans la campagne anglaise. Il frappe à la porte d'une maison isolée et tombe sur deux hommes peu recommandables : Weston, un physicien obsédé par la survie de l'espèce humaine, et Devine, un ancien camarade d'école attiré par l'or. Drogué, Ransom se réveille à bord d'un vaisseau spatial en route vers Malacandra, le nom que ses habitants donnent à Mars. Ses ravisseurs pensent le livrer en sacrifice aux indigènes. Dès l'atterrissage, il s'enfuit. Commence alors un voyage d'exploration : Ransom apprend la langue des hrossa, des êtres pêcheurs et poètes, rencontre les séroni, savants des hauts plateaux, et les pfifltriggi, artisans des profondeurs. Il comprend peu à peu que les trois peuples vivent en paix sous l'autorité d'un être de lumière, l'Oyarsa, et que la Terre, Thulcandra, est « la planète silencieuse » : coupée du reste du ciel depuis que son propre gardien s'est révolté. Le roman culmine dans une audience où Weston, sommé de s'expliquer, révèle à quel point son rêve de conquête spatiale est vide.
Dans l'atelier de Lewis
Vers 1936, Lewis et Tolkien constatent qu'il y a trop peu d'histoires du genre qu'ils aiment lire. Ils tirent au sort : Lewis écrira un voyage dans l'espace, Tolkien un voyage dans le temps. Lewis tient parole en quelques mois. Il a lu H.G. Wells et David Lindsay (A Voyage to Arcturus), et réagit aussi à des écrits qui rêvaient de voir l'humanité se répandre de planète en planète. Il veut montrer qu'on peut utiliser la science-fiction pour parler d'autre chose que de machines. Le manuscrit est refusé une première fois avant d'être accepté par The Bodley Head, sur la recommandation de Tolkien.
Ce qui y annonce Narnia
Bien des éléments annoncent Narnia : des animaux qui parlent et chantent, un monde ordonné par une puissance bienveillante, des gardiens célestes proches des étoiles vivantes de L'Odyssée du Passeur d'Aurore. Le hross Hyoi, poète et chasseur, a quelque chose des grands animaux narniens.
Ce qu'en retient un lecteur d'aujourd'hui
À l'heure où des entrepreneurs promettent de coloniser Mars, le roman de 1938 se lit avec une curieuse actualité : Weston, le physicien prêt à tout pour que l'espèce humaine s'installe ailleurs, ressemble à certains discours d'aujourd'hui. Lewis pose une question simple que la science-fiction a souvent oubliée : et si les autres mondes n'avaient pas besoin de nous ?
La trace qu'il a laissée
Le livre est bien reçu, même si peu de critiques remarquent sa dimension religieuse. Lewis s'en amuse dans une lettre : on pourrait, selon lui, faire passer beaucoup de théologie dans l'esprit des gens sous couvert de roman sans qu'ils s'en aperçoivent. Il est aujourd'hui considéré comme un classique de la science-fiction de l'entre-deux-guerres, souvent rapproché de Wells et d'Olaf Stapledon. Arthur C. Clarke, qui ne partageait pas du tout les idées de Lewis, a entretenu avec lui une correspondance sur la conquête spatiale.
Les idées à retenir
- La peur de l'inconnu retournée : le « monstre » est un voisin.
- La critique du scientisme et de l'impérialisme (Weston veut coloniser l'espace à tout prix).
- Un cosmos vivant et ordonné, opposé à l'espace « vide et noir » de la science-fiction moderne.
- La langue et la traduction : le héros est philologue, comme Tolkien.
- La chute : une seule planète a refusé l'ordre du ciel.
À citer
« Un plaisir n'atteint toute sa taille que lorsqu'il est remémoré. »
— Au-delà de la planète silencieuse, ch. 12 (paroles de Hyoi) — traduction du site
Le lire en français
- Le Silence de la Terre, 1952, trad. Marguerite Faguer — première traduction française ; éditeur non indiqué par la notice BnF
- Le Silence de la Terre ; Voyage à Vénus ; Cette hideuse puissance, Club du livre d'anticipation (Opta), Paris, 1967, trad. Marguerite Faguer (pour ce roman) — la trilogie en un volume, introduction de Sam Moskowitz
- Le Silence de la Terre, Retz, Paris, 1975, trad. Marguerite Faguer — illustrations de Christian Broutin
- Le Silence de la Terre, Oswald (Néo), Paris, 1981, trad. Marguerite Faguer
- La Trilogie cosmique, L'Âge d'Homme, Lausanne, 1997, trad. Maurice Le Péchoux — les trois romans en un volume
- Au-delà de la planète silencieuse, Gallimard, Folio SF n° 301, 2008, trad. Maurice Le Péchoux
Sur scène et à l'écran
Aucune adaptation au cinéma. Plusieurs lectures et adaptations radiophoniques en anglais.
Voir aussi
- Perelandra
- Cette hideuse puissance
- Un médiéviste chez les pulps : Lewis, Arthur C. Clarke et la querelle de l'espace
- J.R.R. Tolkien et C.S. Lewis
- Que lire de Lewis après Narnia
Sources consultées (URL ou références) ; à afficher en bas de page
- https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Trilogie_cosmique
- https://en.wikipedia.org/wiki/Out_of_the_Silent_Planet
- https://www.pintswithjack.com/csl-in-france/

