Les Inklings, un club littéraire

Le petit salon d'un pub d'Oxford
Le petit salon d'un pub d'Oxford
The Bird and Baby
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Des professeurs d'Oxford qui lisent à voix haute leurs manuscrits en buvant de la bière : c'est là qu'ont été entendus pour la première fois Le Seigneur des Anneaux et une partie de l'œuvre de Lewis.

Des professeurs d'Oxford qui lisent à voix haute leurs manuscrits en buvant de la bière : c'est là qu'ont été entendus pour la première fois Le Seigneur des Anneaux et une partie de l'œuvre de Lewis.

  • Années 1930-1949 pour les lectures du jeudi.
  • Lewis, Tolkien, Williams, Barfield, Warnie…
  • Le pub The Eagle and Child, « Bird and Baby ».

Un nom emprunté

À l'origine, les Inklings sont un club d'étudiants fondé vers 1931 par Edward Tangye Lean. Quand le club disparaît, Lewis et Tolkien reprennent le nom pour leur cercle d'amis. Le jeu de mots plaisait à Tolkien : ink signifie « encre », et an inkling désigne une vague idée, un pressentiment.

Qui en faisait partie ?

Le noyau comprenait C.S. Lewis, son frère Warren, J.R.R. Tolkien, le médecin Robert « Humphrey » Havard, Hugo Dyson, Owen Barfield, quand il était à Oxford, et Charles Williams, arrivé de Londres en 1939 avec sa maison d'édition. S'y ajoutaient Nevill Coghill, Lord David Cecil, Adam Fox, plus tard Christopher Tolkien et John Wain. Pas de femmes, pas de règlement, pas de procès-verbal.

Les rituels

  • Le jeudi soir, dans les appartements de Lewis à Magdalen College : on lit à voix haute un chapitre ou un poème, puis on critique sans ménagement.
  • Le mardi midi, au pub The Eagle and Child, surnommé « The Bird and Baby », dans une petite salle du fond.

On y a entendu des chapitres du Seigneur des Anneaux, Tactique du diable, Le Grand Divorce, les romans de Williams et les souvenirs de guerre de Warnie. Narnia, en revanche, n'a pas été lu aux Inklings, ou très peu.

La fin

Les lectures du jeudi cessent vers 1949. Les rencontres au pub continuent jusqu'aux années 1960, puis au Lamb and Flag, en face. La mort de Charles Williams en 1945 a laissé un grand vide.

Voir aussi

Ce qu'en disait blog.narnia.ch

  • article — articles/157-les-inklings-un-club-litteraire-particulier.md — # Les Inklings, un club littéraire particulier *Marc Varidel — 2005-11-02* Depuis 1933 jusqu’en 1949, comme résultat de l’amitié profonde qui liait Tolkien et Lewis, un groupe de lecture s’est tenu, la plupart du temps dans une salle enfumée d’un pub d’Oxford, ou alors dans les salles occupées par C.S. Lewis à l’université d’Oxford. Les membres en étaient des écrivains, des penseurs ; l’un d’entre eux était un médecin. Une grande partie de leurs séances étaient consacrées à la lecture des manuscrits rédigés par les uns ou les autres. Ils prenaient plaisir à goûter la poésie de leurs confrères ou à confronter leurs idées dans des essais, à refaire le monde à l’aune de leurs théologies ou à faire œuvre de critiques littéraires. Le nom du groupe semble avoir été choisi par Tolkien sous forme de gag : « le nom ‘Inkling’ était un jeu de mots plaisamment ingénieux, suggérant des personnes aux idées et suggestions vagues, à demi formées, ainsi que ceux qui barbotent dans l’encre ». En effet, le mot inkling signifie « soupçon, suggestion, intuition » alors que le mot ink signifie « encre ». C.S. Lewis était, avec J.R.R. Tolkien, l’un des principaux maîtres à penser du groupe. Mais deux autres personnages sont considérés comme formant avec eux le quatuor clé du groupe : Charles Williams, auteur de poèmes et de pièces de théâtre, entre autres, et Owen Barfield, brillant penseur, adepte de l’anthroposophie. Parmi les autres membres du groupe, il faut mentionner Warren Lewis, le propre frère de C.S. Lewis (c’est grâce à son journal intime qu’on connaît le fonctionnement des Inklings), Hugo Dyson, qui a contribué à la conversion de Lewis au christianisme, Dr. R.E. Havard, Nevill Coghill, et Adam Fox. Les membres du groupe se sont fortement influencés l’un l’autre, soit par les discussions, parfois vives, lors de leurs séances, soit par leurs écrits. On sait que Tolkien a lu une partie du Seigneur des Anneaux aux Inklings, que Lewis a fait la lecture de son livre « The Great Divorce », mais ce qui paraît surprenant, c’est qu’il semble que les Chroniques de Narnia n’ont jamais été lues dans ce cadre. On attribue cela au fait que Tolkien, ami intime de Lewis, avait donné, en privé, un avis très radical et critique à l’encontre des Chroniques, la rangeant dans le camp des allégories, procédé littéraire qu’il détestait au plus haut point. Lewis n’aurait ainsi pas voulu s’attirer des critiques supplémentaires !  Cet incident a d’ailleurs peut-être conduit au déclin des Inklings, puisque le groupe a cessé d’exister peu après. Lewis n’a cependant pas rédigé ses Chroniques tout seul dans son coin, la tête basse ; un ami de fraîche date, Roger Lancelyn Green, l’a encouragé et critiqué au cours de la rédaction de son œuvre. L’avis négatif de Tolkien n’a ainsi pas empêché la réalisation de cette œuvre majeure de la littérature imaginaire. Merci Mr Green ! Auteur: Marc Varidel Texte basé sur : * Colin Duriez, A Field Guide to Narnia, InterVarsity Press, 2004 (chapitre 1) * Elesha Coffman, in Christianity Today, mai 2001 * Site internet : Inkling Books, page d’accueil — Marc Varidel — 2005-11-02
  • article — articles/126-compte-rendu-no-1-du-seminaire-les-inklings.md — # Compte rendu No 1 du séminaire « Les Inklings » *Phil — 2005-08-18* Une rencontre estivale du nom de « Oxbridge » est organisée par [la fondation C.S. Lewis](http://www.cslewis.org/), elle se déroule à Oxford et Cambridge. On y parle de C.S. Lewis et de son travail, mais également de J.R.R Tolkien et les Inklings. Pippin Skywalker du site theonering.net nous présente le 1er résumé de la session du 25 juillet 2005 sur le thème : « Les Inklings, Lewis, Tolkien, Williams, Barfield et leurs amis » Animé par Colin Duriez (spécialiste de Lewis auteur du livre Inklings Handbook). Cette première partie parle de la relation entre Lewis et Tolkien, mais aussi de ce nom étrange « Inklings  … *Les Inklings : il s’agissait d’un groupe d’écrivains qui se retrouvait pour discuter de sujets divers et lire leurs écrits.* Tolkien et Lewis étaient de très bons amis, Lewis était jovial, il était relativement bruyant et il ne tenait pas sa langue dans sa poche, cela est assez différent du portrait dressé par le film Shadowlands. Duriez nous a dépeint Tolkien comme étant quelqu’un à l’apparence calme, il fumait la pipe, mais il était capable de s’emporter assez facilement. En fait, une constante des rencontres des Inklings était le fort volume sonore qui s’en échappait, ce qui n’est pas une surprise, au vu des personnages qui la composaient. Comme il est souvent le cas dans un groupe de ce genre, les conversations étaient aussi variées que les membres du groupe. Tolkien était connu pour ne parler presque exclusivement que des hobbits et du Seigneur des Anneaux, ce qui ne manqua pas de fatiguer Owen Barfield, un autre membre des Inklings. Parmi les autres sujets abordés, on peut mentionner le fait de porter au cinéma des livres (ce qui est intéressant, sachant que les livres de Tolkien et Lewis ont été portés au cinéma) ou bien encore de savoir si les chiens avaient une âme. Les Inklings se retrouvaient dans 3 endroits différents : the Eagle and Child pub, la chambre de Lewis à Magdalen et la chambre de Tolkien à Exeter. Les rencontres avaient lieu normalement le mardi et le jeudi. Pendant ces rencontres, il leur arrivait de faire un concours de celui qui lirait sans pouffer de rire le plus longtemps des livres victoriens excentriques et pathétiques. Ces temps étaient remplis de bonnes humeurs mais aussi de débat et de sujets profonds. Il s’agit de rencontre informelle de personnes qui pensent la même chose, dans le but de parler, de partager et de rire sur des sujets et des idées qui les touchaient particulièrement. Au milieu de tous ces rires et réflexion allait naître une relation profonde d’amitié entre Lewis et Tolkien. Lewis s’est converti au milieu de sa vie au christianisme. Il a été influencé grandement par une discussion avec Tolkien et Hugo Dyson lors d’une marche sur l’avenue Addison’s Walk, où les 3 hommes ont discuté de la relation entre le Christianisme et les mythes. Cette conversion a changé radicalement la vie de Lewis et ses croyances. Ses écrits en porteront la trace. Tolkien a continué de jouer un rôle important dans la vie de Lewis, en prenant peu à peu un rôle de père protecteur pour son ami. Par exemple, Tolkien n’était pas du tout d’accord avec l’amitié que Lewis entretenait avec Charles Williams un autre membre des Inklings qui était très intéressé par tout ce qui touche à l’occulte. Tolkien trouvait que Lewis était trop impressionnable. Tolkien et Lewis n’avaient pas seulement fait un autre choix d’amis, mais ils étaient aussi différents par rapport à leurs croyances chrétiennes. Tolkien était catholique romain depuis l’enfance, alors que Lewis était protestant. Ils ont eu de nombreux échanges à ce sujet. Dans une lettre de 1936, C.S. Lewis fait référence à Tolkien de cette manière : *« Je me suis lié d’amitié avec Tolkien (Un professeur d’anglais, un papiste) »* Ce qui est intéressant dans cette phrase, c’est que Lewis ne fait pas seulement mention de la profession et position de Tolkien mais il montre aussi la différence de leur pratique religieuse. Tolkien ne se gênait pas non plus de pointer du doigt le protestantisme de Lewis en disant que Lewis avait « un motif d’Ulster ». Cela mettait en évidence l’histoire Protestante d’Ulster en Irlande d’où Lewis était originaire. Malgré ces différences, Tolkien et Lewis avaient beaucoup de chose en commun. Leurs expériences de la première guerre Mondiale a changé le style et la pensée de leurs écrits. Ils avaient en aversion la montée en puissance des machines. Tolkien en a parlé dans le Seigneur des Anneaux et Lewis dans son livre de science-fiction « That Hideous Strength ». Ils ont été grandement influencés par l’auteur G.K. Chesterton. Ils pensaient que la science-fiction et les mondes fantastiques donnaient aux lecteurs un aperçu du monde spirituel. Ils croyaient également que le mal était quelque chose de temporaire. En tant qu’écrivain, ils critiquaient et louaient leurs travaux respectifs, parfois, ils s’inspiraient mutuellement, parfois ils n’étaient pas d’accord sur leurs choix respectifs. Lewis montrait une très grande admiration pour le travail de Tolkien sur le Seigneur des Anneaux. Tolkien, n’était pas toujours aussi positif quant au travail de Lewis, il n’aimait pas le style, le choix littéraire et les combinaisons créatives des Chroniques de Narnia. Cela ne veut pas dire que ces deux écrivains n’ont pas eu des collaborations littéraires. Ils ont tiré au sort pour savoir qui écrirait une histoire où l’on remonte dans le temps et qui écrirait une histoire dans l’espace. Selon Duriez, Tolkien commença alors The Lost Road, récit inachevé dont certains éléments (Númenor) passèrent ensuite dans Le Seigneur des Anneaux. Lewis finit par écrire une trilogie cosmique. Lewis et Tolkien ont partagé des expériences de vie commune, Tolkien a perdu ses parents quand il était encore enfant et Lewis a perdu sa mère alors qu’il était encore jeune. Ils ont connu les horreurs et la tristesse de la 1ère guerre mondiale et ont perdu des amis dans ces combats. Ils étaient des hommes de profondeur qui ont tissé leurs écrits de leurs tristesses, expériences et rêves. Traduction : phil — Phil — 2005-08-18

sources inspiration

  • https://en.wikipedia.org/wiki/Inklings