Lewis à la barre : les reproches faits à Narnia, et ce que ses propres écrits y répondent

Une jeune femme sur le seuil, entre un monde gris et une lumière dorée
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Racisme, sexisme, « problème de Susan », propagande religieuse, violence : les reproches faits à Narnia sont connus. On oublie souvent de citer un témoin, Lewis lui-même, qui a écrit sur la littérature pour enfants et répondu par lettre à ses jeunes lecteurs. Dossier par dossier, l'accusation, ce que ses écrits y répondent, et ce qu'ils laissent sans réponse.

Racisme, sexisme, « problème de Susan », propagande religieuse, violence : les reproches faits à Narnia sont connus. On oublie souvent de citer un témoin, Lewis lui-même, qui a écrit sur la littérature pour enfants et répondu par lettre à ses jeunes lecteurs. Dossier par dossier, l'accusation, ce que ses écrits y répondent, et ce qu'ils laissent sans réponse.

  • Chaque reproche est examiné en trois temps : l'accusation, ce que Lewis a écrit, ce qui reste en suspens.
  • Sur la violence, Lewis a répondu d'avance dans un essai de 1952 ; sur Susan, dans une lettre de 1957.
  • Sur Calormen et la phrase du Père Noël, il ne s'est, à notre connaissance, jamais exprimé.
  • Les sources des critiques (Pullman, Toynbee, Gaiman, Rowling) et des textes de Lewis sont données en fin de page.

Un procès, trois temps

Depuis soixante-dix ans, les Chroniques de Narnia sont aussi aimées que contestées. Les reproches sont connus : racisme, sexisme, « problème de Susan », propagande religieuse, violence. Mais on oublie souvent un témoin : Lewis lui-même. Il a écrit des essais sur la littérature pour enfants, et répondu par lettre à des centaines de jeunes lecteurs. Sur certains points, il a répondu d'avance à ses critiques ; sur d'autres, il n'a rien dit.

Nous avons donc instruit chaque dossier en trois temps : l'accusation, telle que la formulent ses critiques ; ce que Lewis a écrit, dans ses romans, ses essais ou ses lettres ; et ce qui reste en suspens, quand ses propres textes ne suffisent pas. Le détail, avec les réponses habituelles de ses défenseurs, figure dans les données de la page.

Calormen : le témoin se tait

L'accusation. Calormen, avec ses turbans, ses cimeterres, ses esclaves et son dieu vautour, reprend un Orient de convention, celui des récits d'aventures britanniques. Ses habitants ont la peau sombre, et ce sont eux qui envahissent Narnia à la fin. Philip Pullman et d'autres y lisent du racisme.

Ce que Lewis a écrit. À notre connaissance, rien sur la question elle-même. Mais ses romans plaident pour lui : Le Cheval et son écuyer est un pastiche affectueux des Mille et Une Nuits, son héroïne Aravis est calormène, et dans La Dernière Bataille, le personnage le plus noble après Tirian est l'officier calormène Emeth. Les pires traîtres de la fin, eux, sont des Narniens.

Ce qui reste en suspens. Les descriptions physiques des Calormènes et l'opposition entre un Nord libre et un Sud despotique reflètent des préjugés de l'Angleterre impériale. Beaucoup d'admirateurs de Lewis le reconnaissent sans détour.

Susan : une lettre contre un chapitre

L'accusation. Dans La Dernière Bataille, tous les amis de Narnia entrent dans la vraie Narnia, sauf Susan, qui « n'est plus une amie de Narnia » et ne pense plus, dit Jill, qu'aux bas nylon, au rouge à lèvres et aux invitations. Pour Pullman, Lewis punit une adolescente parce qu'elle devient une femme. J.K. Rowling a dit au magazine Time, en 2005, qu'elle avait « un gros problème » avec ce passage, et Neil Gaiman en a tiré une nouvelle, The Problem of Susan (2004).

Ce que Lewis a écrit. En 1957, il répond à un jeune lecteur que les livres ne disent pas ce qui arrive à Susan, qu'elle a tout le temps de changer, et qu'elle arrivera peut-être au pays d'Aslan à sa manière. Dans le roman, Polly précise ce qui est reproché : non le rouge à lèvres, mais la volonté de rester à l'âge le plus bête de la vie, en reniant ce qu'elle a vécu.

Ce qui reste en suspens. La lettre ouvre une porte que le roman ne montre pas. Que Susan soit la seule exclue, et pour des motifs liés à l'apparence, Lewis ne l'explique nulle part. On peut trouver le passage maladroit, ou même injuste, sans en faire une condamnation de la féminité.

Les femmes et la phrase du Père Noël

L'accusation. Le Père Noël donne une épée à Peter, mais un arc à Susan et une dague à Lucy, en ajoutant que les batailles sont laides quand les femmes y prennent part.

Ce que Lewis a écrit. À notre connaissance, il n'a jamais commenté cette phrase. Ses livres, eux, corrigent en partie : Lucy est la plus proche d'Aslan, Aravis fuit un mariage forcé, Jill combat à l'arc dans la dernière bataille, et Polly est plus raisonnable que Digory.

Ce qui reste en suspens. La phrase reste sans explication de l'auteur. Le bilan est contrasté, comme souvent chez les écrivains de cette génération.

La violence : la réponse la plus nette

L'accusation. La mort d'Aslan sur la Table de Pierre, les batailles, la fin d'un monde : certains parents jugent les Chroniques trop violentes ou trop effrayantes.

Ce que Lewis a écrit. C'est le point sur lequel il a répondu le plus clairement. Dans « On Three Ways of Writing for Children » (1952), il écrit que les enfants rencontreront sans doute des ennemis cruels, et qu'il vaut mieux qu'ils aient au moins entendu parler de chevaliers courageux. Les enfermer dans des histoires où rien d'effrayant n'arrive ne chasserait pas leurs peurs. Ancien soldat, il raconte d'ailleurs les combats vite et sans complaisance, comme nous le montrons dans Ni pacifiste ni va-t-en-guerre.

Ce qui reste en suspens. L'essai parle de la peur et du courage. Il ne dit rien de la dureté de certaines scènes, comme la mort des enfants dans l'accident de train.

La foi : un aveu plutôt qu'une défense

L'accusation. Pour la journaliste Polly Toynbee, dans le Guardian en 2005, Narnia représente « tout ce qu'il y a de plus détestable dans la religion ». Pullman voit dans la fin de la série une glorification de la mort. À l'inverse, des chrétiens ont reproché à Lewis Bacchus, les dryades et la magie.

Ce que Lewis a écrit. Dans « Sometimes Fairy Stories May Say Best What's to Be Said » (1956), il raconte que tout a commencé par des images, et non par un message : un faune avec un parapluie dans un bois enneigé. Mais il avoue aussi qu'il voulait faire passer certaines vérités en évitant les « dragons vigilants » qui, enfant, l'empêchaient de les ressentir. Dans une lettre de décembre 1958, il refuse le mot d'allégorie et parle de « supposition » : imaginer ce que ferait le Fils de Dieu dans un autre monde (voir Narnia est-il une allégorie ?). Quant à la mort, la dernière page répond à sa façon : « le trimestre est fini, les vacances ont commencé ».

Ce qui reste en suspens. Lewis reconnaît avoir voulu toucher ses lecteurs sans passer par la leçon : pour ses critiques, c'est justement le problème. Chacun reste libre de le suivre ou non ; notre article Lire Narnia en chrétien, ou pas présente les deux lectures.

Emeth : trop large pour les uns, trop étroit pour les autres

L'accusation. Emeth, qui a servi Tash toute sa vie, est accueilli par Aslan. Certains chrétiens y voient une forme d'universalisme ; certains critiques laïques trouvent condescendant qu'un croyant d'une autre religion soit sauvé malgré lui.

Ce que Lewis a écrit. Le texte est explicite : tout service fait de bonne foi au nom de Tash est compté comme fait pour Aslan. Dans Les Fondements du christianisme, Lewis écrit que des gens d'autres religions peuvent être conduits par Dieu sans le savoir.

Ce qui reste en suspens. Lewis tient les deux bouts à la fois : un salut ouvert aux justes de toute religion, et un Tash qui reste un démon. Le débat continue.

Le verdict ? À chaque lecteur

Ce site prend ces critiques au sérieux sans en faire un procès à charge. Les Chroniques sont de grands livres, avec des angles morts que leur auteur n'a pas tous vus. Avec des enfants, le meilleur usage est d'en parler : pourquoi Susan n'est-elle pas là ? Que penses-tu de Calormen ? Est-ce juste que le Père Noël interdise aux filles de se battre ? Notre guide pour les parents et les enseignants propose des pistes.

Pour aller plus loin

Les accusations

  • Philip Pullman, « The Dark Side of Narnia », The Guardian, 1er octobre 1998.
  • Polly Toynbee, « Narnia represents everything that is most hateful about religion », The Guardian, 5 décembre 2005.
  • Neil Gaiman, The Problem of Susan, 2004 (recueil Fragile Things, 2006).
  • Laura Miller, The Magician's Book: A Skeptic's Adventures in Narnia, 2008.

Les textes de Lewis

  • « On Three Ways of Writing for Children », 1952 (repris dans Of Other Worlds, 1966).
  • « Sometimes Fairy Stories May Say Best What's to Be Said », 1956 (même recueil).
  • Letters to Children, 1985, pour les lettres sur Susan et sur l'ordre de lecture.

La défense

  • Alan Jacobs, The Narnian, 2005 ; Michael Ward, Planet Narnia, 2008.
  • controverses —
    • calormen — Calormen : orientalisme et racisme ? — Calormen, l'empire du Sud, emprunte aux clichés orientalistes : turbans, cimeterres, vizirs, esclavage, despotisme, un dieu cruel à tête de vautour. Ses habitants ont la peau sombre, et dans La Dernière Bataille les envahisseurs de Narnia sont des Calormènes. Pour plusieurs critiques, dont Philip Pullman, les Chroniques opposent un Nord blanc et chrétien à un Sud sombre et menaçant. — reponses
      • Lewis aimait les Mille et Une Nuits, dont Calormen reprend le décor et le style fleuri, souvent avec humour.
      • Aravis, Calormène, est l'une des héroïnes les plus fortes de la série, et Lasaraleen une figure comique attachante ; Emeth, un officier calormène, est accueilli par Aslan dans la vraie Narnia parce qu'il a cherché le bien de bonne foi.
      • Les pires traîtres de La Dernière Bataille sont des Narniens (Shift, le Chat Roux, les nains).
      • Beaucoup de lecteurs, croyants ou non, reconnaissent pourtant que ces descriptions reflètent les préjugés de l'Angleterre impériale de l'époque.
      — voix_critiques
      • Philip Pullman (1998)
      • nombreux critiques universitaires
      — sources
      • https://www.theguardian.com/books/2005/dec/05/cslewis.booksforchildrenandteenagers
      — À notre connaissance, Lewis ne s'est jamais exprimé sur l'image de Calormen. Mais dans La Dernière Bataille, il fait dire à Aslan, devant le Calormène Emeth, que tout service rendu de bonne foi à Tash lui est compté, et il confie à des Narniens (Shift, le Chat Roux, les nains) les pires trahisons. — Les descriptions physiques des Calormènes et l'opposition entre un Nord libre et un Sud despotique restent marquées par les préjugés de l'Angleterre impériale ; les textes de Lewis n'y répondent pas. — Calormen, l'empire du Sud, emprunte aux clichés orientalistes : turbans, cimeterres, vizirs, esclavage, despotisme, un dieu cruel à tête de vautour. Ses habitants ont la peau sombre, et dans La Dernière Bataille les envahisseurs de Narnia sont des Calormènes. Pour plusieurs critiques, dont Philip Pullman, les Chroniques opposent un Nord blanc et chrétien à un Sud sombre et menaçant.
    • sexisme — Sexisme ? — Le Père Noël donne une épée à Peter mais seulement une dague à Lucy et un arc à Susan, en disant que les batailles sont laides quand les femmes y combattent. Les Pevensie filles restent souvent en retrait des combats, et le sort de Susan est lu par certains comme une condamnation de la féminité adulte. — reponses
      • Lucy est le cœur spirituel de la série : c'est elle qui découvre Narnia, voit Aslan la première et lui reste la plus fidèle.
      • Aravis, Jill et Polly sont des héroïnes actives ; Jill combat comme archère et éclaireuse dans La Dernière Bataille, Lucy tire à l'arc à Anvard.
      • La Sorcière blanche et la Dame verte sont des méchantes, mais Lewis invente aussi des reines admirables (Hélène, Blancheur-de-Cygne, la fille de Ramandu).
      — voix_critiques
      • Philip Pullman
      • Polly Toynbee (2005)
      — sources — À notre connaissance, Lewis n'a jamais commenté la phrase du Père Noël sur les batailles et les femmes. Ses romans eux-mêmes répondent en partie : Lucy est la plus proche d'Aslan, et Jill combat à l'arc dans La Dernière Bataille. — La phrase du Père Noël reste sans explication de l'auteur ; le bilan des livres est contrasté. — Le Père Noël donne une épée à Peter mais seulement une dague à Lucy et un arc à Susan, en disant que les batailles sont laides quand les femmes y combattent. Les Pevensie filles restent souvent en retrait des combats, et le sort de Susan est lu par certains comme une condamnation de la féminité adulte.
    • susan — Le « problème de Susan » — Dans La Dernière Bataille, Susan n'entre pas dans la vraie Narnia : elle « n'est plus une amie de Narnia », traite ses souvenirs de jeux d'enfants et ne s'intéresse plus, selon Jill, qu'aux bas nylon, au rouge à lèvres et aux invitations. Pour Pullman, Lewis punit une jeune fille qui grandit et découvre sa sexualité. J.K. Rowling a dit en 2005 avoir « un gros problème » avec ce passage. Neil Gaiman en a tiré une nouvelle grinçante, The Problem of Susan (2004), où une Susan âgée pense à la mort de toute sa famille dans l'accident de train. — reponses
      • Lewis ne condamne pas Susan : il la laisse en vie dans notre monde, et rien ne dit qu'elle est perdue pour toujours.
      • Dans une lettre de 1957 à un jeune lecteur, il écrit que les livres ne disent pas ce qui arrive à Susan, qu'elle a tout le temps de changer et qu'elle arrivera peut-être au pays d'Aslan à sa manière.
      • Ce que Lewis critique, selon ses défenseurs, n'est pas le rouge à lèvres mais la vanité et le refus de la vérité : Polly le dit, Susan veut à tout prix rester à l'âge le plus bête, qu'elle a mis toute sa vie à atteindre.
      • Le passage reste dur à lire, et plusieurs défenseurs de Lewis reconnaissent qu'il est maladroit.
      — voix_critiques
      • Philip Pullman (1998)
      • J.K. Rowling (Time, 2005)
      • Neil Gaiman (2004)
      — sources
      • https://www.theguardian.com/books/2005/dec/05/cslewis.booksforchildrenandteenagers
      — En 1957, il répond à un jeune lecteur que les livres ne disent pas ce qui arrive à Susan, qu'elle a encore tout le temps de changer et qu'elle arrivera peut-être au pays d'Aslan à sa manière. — La lettre ouvre une porte, mais le roman, lui, ne la montre pas. Que Susan soit la seule exclue, et pour des motifs liés à l'apparence, reste ce que Lewis n'explique pas. — Dans La Dernière Bataille, Susan n'entre pas dans la vraie Narnia : elle « n'est plus une amie de Narnia », traite ses souvenirs de jeux d'enfants et ne s'intéresse plus, selon Jill, qu'aux bas nylon, au rouge à lèvres et aux invitations. Pour Pullman, Lewis punit une jeune fille qui grandit et découvre sa sexualité. J.K. Rowling a dit en 2005 avoir « un gros problème » avec ce passage. Neil Gaiman en a tiré une nouvelle grinçante, The Problem of Susan (2004), où une Susan âgée pense à la mort de toute sa famille dans l'accident de train.
    • pullman — Philip Pullman contre Narnia — L'auteur de la trilogie À la croisée des mondes est le critique le plus virulent de Narnia. Dans un article du Guardian, en 1998, il y voit l'un des écrits les plus laids et les plus empoisonnés qu'il ait lus, et reproche aux Chroniques leur mépris du monde réel, leur misogynie, leur racisme et une propagande religieuse qui fait de la mort une récompense. Sa propre trilogie a souvent été lue comme une réponse inversée à Narnia. — reponses
      • Les défenseurs de Lewis répondent que la fin de La Dernière Bataille n'est pas une fuite hors du monde, mais l'espérance d'un monde renouvelé où rien de bon n'est perdu.
      • Lewis a écrit pour des enfants des livres où le mal, la peur et la mort existent, parce qu'il pensait que les enfants les connaissent déjà.
      • Des lecteurs non croyants, comme la critique américaine Laura Miller (The Magician's Book, 2008), ont exploré leur attachement à Narnia tout en reconnaissant les angles morts relevés par Pullman.
      — voix_critiques
      • Philip Pullman
      — sources — La Dernière Bataille se termine sur la phrase d'Aslan : « le trimestre est fini, les vacances ont commencé ». Pour Lewis, la mort des enfants n'est pas une récompense ni une fuite, mais l'entrée dans un monde plus réel où rien de bon n'est perdu. — Que l'on partage ou non cette espérance, la fin fait mourir des enfants dans un accident de train : l'effet sur un jeune lecteur dépend de celui qui l'accompagne. — L'auteur de la trilogie À la croisée des mondes est le critique le plus virulent de Narnia. Dans un article du Guardian, en 1998, il y voit l'un des écrits les plus laids et les plus empoisonnés qu'il ait lus, et reproche aux Chroniques leur mépris du monde réel, leur misogynie, leur racisme et une propagande religieuse qui fait de la mort une récompense. Sa propre trilogie a souvent été lue comme une réponse inversée à Narnia.
    • violence — Trop de violence pour des enfants ? — Les Chroniques contiennent des batailles, des morts, une exécution rituelle (celle d'Aslan sur la Table de Pierre) et une fin du monde. Certains parents et critiques les jugent trop violentes ou trop effrayantes pour de jeunes lecteurs. — reponses
      • Lewis a défendu ce choix dans son essai On Three Ways of Writing for Children (1952) : on ne protège pas les enfants en leur cachant le mal, on les aide en leur montrant des héros courageux face à lui.
      • La violence est rarement décrite en détail ; Lewis raconte les combats vite, sans complaisance.
      • Notre guide pour les parents donne des repères livre par livre.
      — voix_critiques
      • critiques de littérature jeunesse
      — sources — Dans « On Three Ways of Writing for Children » (1952), il écrit que les enfants rencontreront sans doute des ennemis cruels, et qu'il vaut mieux qu'ils aient au moins entendu parler de chevaliers courageux. Les enfermer dans des histoires où rien d'effrayant n'arrive ne chasserait pas leurs peurs. — L'essai répond pour la peur et les combats ; il ne dit rien de la dureté de certaines scènes, comme la mort des enfants dans l'accident de train. — Les Chroniques contiennent des batailles, des morts, une exécution rituelle (celle d'Aslan sur la Table de Pierre) et une fin du monde. Certains parents et critiques les jugent trop violentes ou trop effrayantes pour de jeunes lecteurs.
    • religion — Propagande religieuse ? — Pour la journaliste Polly Toynbee, dans le Guardian en décembre 2005, Narnia incarne tout ce qu'il y a de plus détestable dans la religion : culpabilité, sacrifice, soumission à un pouvoir fort. D'autres reprochent aux livres d'enrôler les enfants sans le leur dire. À l'inverse, certains chrétiens leur reprochent leur part païenne : Bacchus, dryades, magie. — reponses
      • Lewis ne cachait pas sa foi, mais disait avoir commencé par des images, pas par un message, et parlait de « supposition » plutôt que d'allégorie.
      • Les livres peuvent être lus comme de pures histoires, et ils le sont par des millions de lecteurs non croyants.
      • La place des mythes païens montre que Lewis voyait dans les vieilles mythologies des pressentiments de la vérité, non des ennemis.
      • Notre article Lire Narnia en chrétien, ou pas présente les deux lectures.
      — voix_critiques
      • Polly Toynbee (2005)
      • Philip Pullman
      • certains milieux chrétiens conservateurs
      — sources
      • https://www.theguardian.com/books/2005/dec/05/cslewis.booksforchildrenandteenagers
      — Dans « Sometimes Fairy Stories May Say Best What's to Be Said » (1956), il affirme que tout a commencé par des images, un faune portant un parapluie dans un bois enneigé, et non par un message. Il voulait faire passer les choses sans que les « dragons vigilants » de la piété obligée ne montent la garde. Dans une lettre de décembre 1958, il parle de « supposition » plutôt que d'allégorie. — Lewis reconnaît lui-même avoir voulu toucher ses lecteurs sans passer par la leçon : pour ses critiques, c'est précisément le problème. — Pour la journaliste Polly Toynbee, dans le Guardian en décembre 2005, Narnia incarne tout ce qu'il y a de plus détestable dans la religion : culpabilité, sacrifice, soumission à un pouvoir fort. D'autres reprochent aux livres d'enrôler les enfants sans le leur dire. À l'inverse, certains chrétiens leur reprochent leur part païenne : Bacchus, dryades, magie.
    • emeth — Le salut d'Emeth : trop large ou trop étroit ? — Dans La Dernière Bataille, Emeth, qui a servi Tash toute sa vie, est accueilli par Aslan : tout le bien qu'il a fait au nom de Tash, Aslan le compte comme fait pour lui. Certains chrétiens y ont vu une forme d'universalisme contraire à leur doctrine ; certains critiques laïques, à l'inverse, trouvent condescendante l'idée qu'un croyant d'une autre religion soit sauvé malgré lui. — reponses
      • Lewis défend la même idée dans Les Fondements du christianisme : Dieu peut sauver des gens qui ne le connaissent pas sous son vrai nom.
      • Le passage est souvent cité comme la preuve que Lewis n'était pas l'auteur sectaire que décrivent ses adversaires.
      — voix_critiques
      • débats théologiques
      • critiques laïques
      — sources — Le passage est explicite : Aslan dit à Emeth que tout service fait de bonne foi au nom de Tash est compté comme fait pour lui. Dans Les Fondements du christianisme, Lewis écrit que des gens d'autres religions peuvent être conduits par Dieu sans le savoir. — Lewis tient les deux bouts : un salut ouvert aux justes de toute religion, et un Tash qui reste un démon. Les théologiens comme les critiques laïques continuent d'en débattre. — Dans La Dernière Bataille, Emeth, qui a servi Tash toute sa vie, est accueilli par Aslan : tout le bien qu'il a fait au nom de Tash, Aslan le compte comme fait pour lui. Certains chrétiens y ont vu une forme d'universalisme contraire à leur doctrine ; certains critiques laïques, à l'inverse, trouvent condescendante l'idée qu'un croyant d'une autre religion soit sauvé malgré lui.
  • references —
    • Philip Pullman — The Dark Side of Narnia — The Guardian — 1998-10-01
    • Polly Toynbee — Narnia represents everything that is most hateful about religion — The Guardian — 2005-12-05
    • J.K. Rowling — entretien avec Lev Grossman — Time — 2005-07
    • Neil Gaiman — The Problem of Susan — anthologie Flights (2004), puis Fragile Things (2006) — 2004
    • C.S. Lewis — lettre à un jeune lecteur sur le sort de Susan — Letters to Children — 1957
    • C.S. Lewis — On Three Ways of Writing for Children — essai (Of Other Worlds) — 1952
    • Laura Miller — The Magician's Book: A Skeptic's Adventures in Narnia — livre — 2008
    • Michael Ward — Planet Narnia — Oxford University Press — 2008
  • textes de lewis —
    • On Three Ways of Writing for Children — 1952 — la peur, les ennemis cruels, les héros
    • Sometimes Fairy Stories May Say Best What's to Be Said — 1956 — les images de départ, les « dragons vigilants »
    • lettre à un jeune lecteur sur Susan — 1957 — le sort de Susan
    • lettre sur la « supposition » — décembre 1958 — allégorie ou supposition
    • Mere Christianity (Les Fondements du christianisme) — 1952 — le salut de ceux qui ne connaissent pas le Christ

Voir aussi

sources inspiration

  • https://www.theguardian.com/books/2005/dec/05/cslewis.booksforchildrenandteenagers
  • https://en.wikipedia.org/wiki/The_Problem_of_Susan
  • https://en.wikipedia.org/wiki/Religion_in_The_Chronicles_of_Narnia
  • https://en.wikipedia.org/wiki/The_Chronicles_of_Narnia#Criticism
  • https://www.journals.uchicago.edu/doi/full/10.1086/667958