Les lectures préférées de C.S. Lewis
Lewis a été un lecteur avant d'être un écrivain. Des contes de Beatrix Potter aux poèmes de Virgile, des romans de George MacDonald aux épopées médiévales, voici les livres qui ont formé l'auteur de Narnia, et la liste des dix livres qu'il a lui-même choisis en 1962.
Le grenier aux livres


- Une enfance « au milieu de livres sans fin » à Little Lea.
- Phantastes de George MacDonald a « baptisé » son imagination en 1916.
- En 1962, il nomme les dix livres qui ont le plus compté pour lui.
Une maison pleine de livres
Dans son autobiographie, Surpris par la joie, Lewis décrit la grande maison de son enfance à Belfast, Little Lea, comme un lieu de longs couloirs, de greniers et surtout de livres. Il y en avait partout, dans le bureau, le salon, les chambres, empilés jusque dans les combles. Ses parents lisaient beaucoup et ne lui interdisaient presque rien. Les jours de pluie, nombreux en Irlande, le petit Jack et son frère Warnie lisaient et inventaient leur propre monde, Boxen, peuplé d'animaux habillés.
Les lectures qui ont éveillé la « joie »
Lewis raconte trois expériences d'enfance qui lui ont fait connaître ce qu'il appelle la joie : un désir intense, doux et douloureux à la fois, d'autre chose que ce monde.
- Squirrel Nutkin de Beatrix Potter lui donne, tout petit, une sorte de nostalgie de l'automne, comme si l'automne était un pays.
- Un poème de Longfellow, où une voix annonce que Balder le beau est mort, lui ouvre ce qu'il appelle le « Nord » : un monde de légendes scandinaves, de ciels froids et immenses.
- Les illustrations d'Arthur Rackham pour Siegfried et le Crépuscule des dieux, d'après Wagner, prolongent cette passion nordique à l'adolescence.
Il lit aussi les romans d'Edith Nesbit, surtout Le Secret de l'amulette, qui l'a profondément marqué. On en retrouve l'écho dans Le Neveu du magicien, où Lewis cite d'ailleurs les héros de Nesbit, les Bastable. Et il dévore les Voyages de Gulliver, les récits d'aventures et les contes.
Phantastes, mars 1916
Le moment décisif a lieu un soir de mars 1916, sur un quai de gare. Lewis a dix-sept ans. Il achète au kiosque de la gare de Leatherhead un roman de George MacDonald, Phantastes. Il le lit dans le train et découvre une sainteté lumineuse qu'il ne sait pas encore nommer. Il dira plus tard que, ce soir-là, son imagination avait été « baptisée », bien avant le reste de sa personne. MacDonald deviendra son maître : il en fait un personnage du Grand Divorce et publie en 1946 une anthologie de ses pensées.
Les classiques de l'étudiant
Entre 1914 et 1917, chez son précepteur William Kirkpatrick, à Great Bookham, Lewis lit Homère en grec et les poètes latins dans le texte, dès les premiers jours. Il découvre ensuite, et ne quittera plus :
- Malory et ses chevaliers de la Table ronde ;
- Spenser et La Reine des fées, dont on a dit que Narnia était une version miniature ;
- Dante, dont le Paradis était à ses yeux un sommet de la poésie ;
- Milton et Le Paradis perdu, auquel il consacre un livre en 1942 ;
- William Morris et ses romans de chevalerie et de quête, comme The Well at the World's End ;
- Walter Scott, pour le plaisir d'être transporté dans une autre époque ;
- Jane Austen, qu'il relisait volontiers et à laquelle il consacre un essai en 1954 (« A Note on Jane Austen », revue Essays in Criticism, octobre).
Plus tard viendront les livres de ses amis, ceux de Tolkien surtout, dont il salue avec enthousiasme Le Seigneur des Anneaux, et ceux de Charles Williams.
La liste de 1962
En 1962, un an avant sa mort, le magazine américain The Christian Century demande à Lewis quels livres ont le plus contribué à forger sa vocation et sa vision de la vie. Il répond par dix titres, sans compter la Bible :
- Livre — Auteur — En français
- 1 — Phantastes — George MacDonald — très peu traduit (à vérifier)
- 2 — The Everlasting Man — G.K. Chesterton — L'Homme éternel
- 3 — L'Énéide — Virgile — nombreuses traductions
- 4 — The Temple — George Herbert — traductions partielles
- 5 — The Prelude — William Wordsworth — Le Prélude
- 6 — Das Heilige (The Idea of the Holy) — Rudolf Otto — Le Sacré
- 7 — La Consolation de Philosophie — Boèce — nombreuses traductions
- 8 — The Life of Samuel Johnson — James Boswell — Vie de Samuel Johnson
- 9 — Descent into Hell — Charles Williams — non traduit à notre connaissance
- 10 — Theism and Humanism — Arthur James Balfour — non traduit à notre connaissance
La liste surprend par son mélange : deux romans de fantaisie, deux grands poèmes anglais, une épopée latine, un traité de philosophie du VIe siècle, une biographie du XVIIIe, une étude sur l'expérience du sacré et un essai d'un ancien Premier ministre. Tous les livres sont chrétiens, sauf L'Énéide. Rudolf Otto y décrit l'expérience du « numineux », cette crainte mêlée de fascination qu'on éprouve devant le divin. On peut penser à l'effet que produit Aslan, qui n'est « pas un lion apprivoisé ». En 2015, un collectif dirigé par David et Susan Werther a consacré un livre entier à cette liste, C. S. Lewis's List (Bloomsbury Academic).
Le conseil de Lewis : lire des livres anciens
En 1944, dans une préface restée célèbre, Lewis donne un conseil de lecture : après chaque livre récent, lisez un livre ancien, ou au moins un sur trois. Chaque époque, explique-t-il, a ses angles morts, que les livres anciens nous aident à voir, comme nous les aidons à voir les leurs. Il s'en prenait à ce qu'il appelait le « snobisme chronologique », l'idée qu'une pensée est dépassée parce qu'elle est ancienne.
Dans An Experiment in Criticism (1961), il ajoute un autre critère : le vrai lecteur relit. Un livre qu'on ne lit qu'une fois, pour savoir la fin, n'a pas encore été vraiment lu.
Et pour nous ?
Si vous aimez Narnia, les lectures de Lewis sont une magnifique bibliothèque. Commencez par Nesbit ou MacDonald (La Princesse et le Gobelin se lit très bien avec des enfants), poursuivez avec Malory ou Morris, et gardez Boèce, Dante et Otto pour les soirées d'hiver. Les deux textes de l'ancien site reproduits ci-dessous proposent des présentations détaillées de ces auteurs.
Voir aussi
- Les sources d'inspiration de Lewis
- Les mythes et Narnia
- Les Inklings, un club littéraire
- J.R.R. Tolkien et C.S. Lewis
- C.S. Lewis, bien plus que Narnia
- Que lire de Lewis après Narnia
- Du « Grand Coup » au professeur Kirke : les maîtres de Lewis et leurs doubles de fiction
- Le dernier des dinosaures : un médiéviste à Oxford et Cambridge, et ce que Narnia doit à sa bibliothèque
Ce qu'en disait blog.narnia.ch
- article — articles/281-10-auteurs-recommandes-par-lewis.md — # 10 auteurs recommandés par Lewis *Phil — 2005-11-11* Si vous pouviez remonter dans le temps et demander à C.S. Lewis quels auteurs il vous conseillerait, voici probablement ce qu’il vous répondrait. Pour chaque auteur, nous présentons quelques livres, sa biographie et ce que Lewis appréciait. Vous trouverez des liens sur d'autres sites d'information George MacDonald | Edmund Spenser | Dante Alighieri| G.K Chesterton | E.Nesbit | Sir Walter Scott | William Morris | Jane Austen | J.R.R Tolkien | Charles Williams | ### George MacDonald Livres recommandés : **Phantastes, Lilith, Diary of an Old Soul, Unspoken Sermons, The Princess and the Goblin, The princess and Curdie, The Golden Key, What’s Mine et Sir Gibbie** Aucun autre auteur n’a autant influencé Lewis que George MacDonald (1824-1905). Lewis l’appelait « Mon maître ». George MacDonald est l’un des personnages principaux du livre « Le grand divorce », mais presque chacun des livres de Lewis contient des citations de cet auteur. Le livre « Phantastes » a probablement été le livre le plus marquant pour Lewis, il disait d’ailleurs que ce livre a baptisé son imagination et l’a préparé à sa conversion au christianisme. Le livre « Lilith » est considéré par Lewis comme le plus puissant de tous. Lewis disait qu’a part la Bible, « je ne connais pas d’autre livre plus touchant au niveau spirituel ». Lewis trouvait que le style de George était un peu lourd mais il disait que « l’or était si bon que cela valait quelques scories » **Liens** Vous pouvez télécharger la plupart des livres de George MacDonald gratuitement sur <http://www.gutenberg.org/browse/authors/m> (version anglaise) Site d’information (en anglais) : <http://www.george-macdonald.com> La société George Mac Donald : <http://www.macdonaldsociety.org/> Voici un petit résumé de 2 de ces œuvres (site portail-cslewis.org) *The Princess and the Goblin (1872)* Ce grand classique de MacDonald raconte comment Curdie, le petit mineur, sauve le royaume (et surtout la princesse) de l'invasion des gobelins qui vivent sous la montagne, avec l'aide d'une mystérieuse vieille dame qui vit seule dans une haute tour du château. Un excellent conte qui, comme la plupart des œuvres de MacDonald, contient une foule d'enseignements étonnamment profonds. *The Princess and Curdie (1883)* En suite du conte précédent, Curdie doit maintenant sauver le roi menacé dans sa propre capitale par une conjuration politique, avec l'aide cette fois de bêtes étranges et monstrueuses. ### Edmund Spenser Livre recommandé : **The Faerie Queene** Edmund Spenser (1552-1599, poète), est un autre auteur favori de Lewis, il appréciait particulièrement son œuvre « The Faerie Queene ». Quand il était étudiant, il l’a lu d’un seul trait. Pendant toute sa vie, il a toujours gardé un enthousiasme pour ce livre classique. Spenser a influencé Lewis, particulièrement pour « Le monde de Narnia ». Certains disent même que « Le monde de Narnia » peut être appelé «Le Faerie Queene miniature » **Liens** Vous pouvez télécharger « The faerie Queene » sur <http://gutenberg.org/etext/6930> Site consacré à Edmund Spenser : english.cam.ac.uk/spenser (site aujourd’hui disparu) ### Dante Alighieri Livre recommandé : **La divine comédie** Dante Alighieri (1265-1321) était un poète médiéval italien connu pour son œuvre classique de « La Divine Comédie », où il décrit le voyage de Dante en enfer (Inferno), au purgatoire (Purgatorio) et au paradis (Paradiso). Lewis a entretenu une passion pour cet écrit et trouvait que « Paradiso » était le meilleur écrit de l’histoire. Il a même dit que « Dante n’a non seulement aucun rival, mais personne pour la seconde place » L’influence de Dante est évidente dans « Le grand divorce », qui met en place un voyage entre le Paradis et l’Enfer. Lewis rend hommage à la rencontre de Dante et de son amour Béatrice dans « Paradiso » en écrivant l’amour entre un mari et une femme dans « Le Grand Divorce » **Liens** [Information sur Alighieri sur Wikipedia](http://fr.wikipedia.org/wiki/Dante) [Quelques citations d'Alighieri](http://fr.wikiquote.org/wiki/Dante_Alighieri) *Livres à consulter* [Version anglaise à télécharger](https://www.gutenberg.org/ebooks/8800) ### G.K Chesterton Livres recommandés : **L’homme éternel , Orthodoxie, The Man Who Was Thursday** Chesterton est un écrivain populaire du début 20ème siècle, un auteur influent dans le cadre du christianisme. Lorsque Lewis avait encore une vision du monde athée, il a lu « L’homme éternel » et il a été influencé par les arguments avancés par Chesterton par rapport à la vue chrétienne de l’histoire. Lewis dira plus tard que c’est un des livres qui l’a le plus influencé dans sa recherche spirituelle vers le christianisme. Chesterton a également inspiré le style des livres d’apologétique de Lewis, particulièrement « Les fondements du Christianisme » et « Le problème de la souffrance ». **Lien**s L’homme éternel Orthodoxie [Quelques citations de Chesterton](http://fr.wikiquote.org/wiki/Gilbert_Keith_Chesterton) ### E.Nesbit Livres recommandés : **The Story of the Treasure Seekers, Five Children and It, The Phoenix and the Carpet, Le Secret de l'amulette et The Railway Children** Edith Nesbit (1858-1924) était un auteur pour les enfants. Lewis a apprécié ses livres alors qu’il était enfant. La lecture de E.Nesbit a probablement influencé Lewis pour l’écriture des Chroniques de Narnia. Il cite d’ailleurs un passage d’un livre de Nesbit dans le Neveu du magicien On peut trouver plusieurs des livres de E.Nesbit sur le site gutenberg.org Le Secret de l’amulette ## Auteurs appréciés par Lewis Les auteurs suivants ont probablement moins influencé la pensée de Lewis que les précédents auteurs, mais Lewis les appréciait beaucoup. ### Sir Walter Scott (début 19ème siècle) Livres recommandés : **Waverley, Ivanhoé, Rob Roy** Il est connu comme le père des romans historiques, étant le premier à inventer des histoires dans un contexte historique. Lewis était fan du livre « Waverley », quoi qu’il reconnaisse que les intrigues ne sont pas le point fort de Scott. En revanche, Lewis appréciait le fait d’être transporté dans une autre période de l’histoire. [Information sur wikipedia](http://fr.wikipedia.org/wiki/Walter_Scott) Ivanhoé Waverley ### William Morris (milieu 19ème) Livres recommandés : **The Well at the World’s End, The Wood Beyond The World** Il fut un romancier, poète et leader du mouvement socialiste en Angleterre. Lewis aimait particulièrement ses romans fantastiques comme par exemple The Wood Beyond The World. Les écrits fantastiques de Morris semblent avoir influencé Tolkien et Lewis. Information sur wikipedia <http://fr.wikipedia.org/wiki/William_Morris> ### Jane Austen (début 19ème) Livres recommandés : **Orgueil et Préjugés, Raison et Sentiments,** Persuasion, Emma, , Northanger Abbey, Mansfield Park Les livres de cet écrivain étaient bien reçus dans le milieu médiatique même jusque au 21ème siècle. Le livre préféré de Lewis était « Persuasion ». Plusieurs films ou pièces de théâtre ont été tirés de ses livres dont « Emma » « **Orgueil et Préjugés** » et « **Raison et Sentiments** » sortis au milieu des années 1990. [Information sur wikipedia](http://fr.wikipedia.org/wiki/Jane_Austen) Orgueil et Préjugés Raison et Sentiments Persuasion Emma ## Les auteurs contemporains de Lewis ### J.R.R Tolkien Livres recommandés : **Bilbo le hobbit, Le Seigneur des Anneaux** Tolkien fut d’abord un ami et un collègue à Oxford ainsi qu’un membre des Inklings. Lewis admirait beaucoup le travail de son ami. Il a suivi pas à pas la construction de ces deux livres. Lewis écrit à ce sujet : « voilà des livres qui vont briser votre cœur » [Information sur wikipedia](http://fr.wikipedia.org/wiki/J.R.R._Tolkien) Bilbo le hobbit Le Seigneur des Anneaux ### Charles Williams Livres recommandés : Descent into Hell, The Place of the lion Williams fut aussi un ami et membre des Inklings. Lewis écrivit à son ami Arthur Greeves, au sujet du livre « The place of the lion » : « ce n’est pas seulement un livre fantastique passionnant, mais profondément religieux et instructif. Lis-le même si tu ne comprends pas tout la première fois, il mérite d’être relu. » Source: C.S. Lewis & Narnia for Dummies — Phil — 2005-11-11
- article — articles/294-top-10-des-livres-selon-lewis.md — # TOP 10 des livres selon Lewis *Phil — 2005-11-16* En 1962, le magazine The Christian Century a demandé à Lewis de nommer les livres qui ont forgé sa philosophie de la vie. Voici ce que Lewis a répondu: ### Phantastes de George MacDonald *Ecrivain, poète et ministre chrétien (1824 – 1905)* [Le texte sur gutenberg.org](https://www.gutenberg.org/ebooks/325) [Wikipedia](http://en.wikipedia.org/wiki/George_MacDonald)  ### L'homme éternel de G.K. Chesterton *Écrivain et journaliste anglais (1874-1936)* Dans la première partie de L'homme éternel, Chesterton s'applique à étudier l'homme comme s'il n'était qu'un animal et montre qu'il serait moins invraisemblable de le tenir pour un ange. Le même type de raisonnement l'amène ensuite à regarder le Christ comme s'il n'était qu'un homme, afin de rendre évident qu'il est plus rationnel de croire ce qu'en dit l'Eglise. On peut dire autrement que la première partie de L'homme éternel est un résumé de l'aventure de l'humanité païenne et la seconde un aperçu du bouleversement que fut son passage au christianisme. S'il est très difficile de donner en quelques mots une vue précise du contenu de L'homme éternel, qui passe Outre-Manche pour le chef-d'œuvre de son auteur, il est impossible de donner à ceux qui ne connaissent pas Chesterton une idée de la puissance de ses raisonnements, de la vivacité de son imagination et de l'éclat de ses paradoxes. L'homme éternel, que Chesterton écrivit après sa conversion, est sans doute l'un des plus grands parmi les livres qui peuvent amener des incroyants à considérer avec attention et sympathie ce que l'Eglise enseigne sur l'homme et sur Dieu ; et certainement l'un des plus beaux jamais consacrés à exalter la révélation divine. #### Biographie Il est impossible de comparer cet écrivain à qui que ce soit. Si comme journaliste, il a signé des milliers d'articles dans les journaux de Londres, il est surtout un auteur qui a touché tous les domaines aussi bien la poésie que le théâtre, le roman, la critique littéraire, la sociologie, l'économique, l'histoire, la philosophie et la religion. Sans oublier ses romans policiers. Cette vaste production repose sur une pensée cohérente et claire, et sur une vision telle que tous les thèmes traités sont liés entre eux. À chaque paragraphe ou presque, surgit un aphorisme qui coupe le souffle, ou un lumineux paradoxe qui laisse le lecteur pantois d'admiration. ### L'Énéide de Virgile *Poète latin (-70 / -19)* [Le texte sur gutenberg.org](https://www.gutenberg.org/ebooks/228) [Wikipedia](http://en.wikipedia.org/wiki/Virgil) L'Énéide est une épopée en douze chants qui célèbre l'histoire d'un héros troyen appelé Énée. Virgile raconte ses aventures depuis la dernière nuit de Troie, où il a fui sa patrie détruite par les Grecs, jusqu'à son arrivée dans le Latium, au centre de l'Italie, où il inaugure la dynastie fondatrice du peuple romain. Au-delà de cette histoire légendaire, l'épopée développe une intention idéologique très marquée que Virgile lui-même avait laissé entrevoir dès le prologue du livre III des Géorgiques : il y annonçait la naissance d'un « temple » poétique dont César devait être le dieu. Née en marge des poèmes homériques, la légende d'Énée avait été très tôt récupérée par des érudits et savants latins qui l'avaient combinée avec la légende des origines de Rome ; Virgile a prolongé les aboutissants du mythe jusqu'à l'avènement du premier empereur romain. Énée était, en effet, le fils du mortel Anchise et de la déesse Vénus, mais, par son fils, Ascagne ou Iule, il était surtout l'ancêtre de la gens Iulia, d'où étaient issus Jules César, et donc Auguste, le premier empereur, depuis que César en avait fait son héritier adoptif. Déjà le poète tragique Naevius parlait des aventures d'Énée au IIIe siècle et le considérait comme l'ancêtre des Romains. À la fin du IIIe siècle, le poète épique Ennius avait fixé la tradition qui rattachait Énée à l'origine de Rome. Virgile a adapté la légende à l'histoire de son temps et l'a élevée au rang d'une épopée destinée à célébrer, en filigrane des aventures d'Énée, le nouveau régime impérial mis en place par le dernier descendant du héros, qui apparaît aussi comme un nouveau fondateur de Rome après avoir mis un terme aux crises successives de la fin de la République romaine. #### Biographie Virgile est un poète dont le génie a été reconnu dès son vivant. On récitait ses vers au théâtre, et on l'y acclamait à l'égal du prince. Alors qu'il travaillait à l'Énéide, Properce s'écriait dans des vers fameux : Cedite, Romani scriptores, cedite, Grai : / nescio quid maius nascitur Iliade (II, 34, 65-66) : « Éloignez-vous, écrivains romains ; éloignez-vous, écrivains grecs : je ne sais quoi de plus grand que l'Iliade est en train de naître. » Aussi, au lendemain de la mort de Virgile, on s'est préoccupé de rassembler les éléments de sa biographie. Nous savons que L. Varius Rufus, un de ses amis intimes qui se chargea d'éditer l'Énéide après sa mort, avait fait précéder cette édition d'une Vita du poète. Un poète comique, C. Melissus, affranchi de Mécène, qui avait bien connu Virgile, avait écrit ses souvenirs sur le poète. Malheureusement, de ces témoignages contemporains de Virgile il ne nous est rien resté, ou presque rien. ### The Temple de George Herbert *Poète anglais (1593 - 1633)* [Wikipedia](http://en.wikipedia.org/wiki/George_Herbert) [Site consacré à Herbert](http://www.luminarium.org/sevenlit/herbert/index.html) ### Le prélude de William Wordsworth *Poète anglais (1770-1850)* [Wikipedia](http://fr.wikipedia.org/wiki/William_Wordsworth) De tous les grands poètes que nous a donnés l'Angleterre, William Wordsworth a toujours été mon favori. Peut-être ai-je cru reconnaître d'emblée, dans son oeuvre, le genre d'accomplissement vers lequel, en vain, moi-même je tendais : l'harmonie égale du vers épousant - dans l'élégie, le récit ou la romance - le rythme et la douceur ou la force de l'émotion ; la sereine vérité d'un accord avec la nature ; la note de haute et grave sentimentalité lyrique qui, jusque dans les poèmes les plus délicats, fait résonner sans le moindre effet une profondeur métaphysique." C'est ainsi que débute la relation, par Jacques Réda [in Le sens de la marche], d'une visite à "la région natale du poète, celle-là même où il a vécu, écrit la plus grande partie de son oeuvre en osmose avec un paysage dont il n'a pas été le seul ni le premier à vanter la beauté, mais qui lui doit d'appartenir aux espaces les plus attirants de notre géographie poétique". Dans sa préface, François-René Daillie célèbre Wordsworth (1770 - 1850) comme poète de "l'inépuisable beauté du monde", ajoutant : "Il n'y a, de nos jours, que de rares oeuvres comme celle du Vaudois Gustave Roud pour témoigner d'une fidélité analogue à un univers longuement habité et dévoré du regard. Pas plus que Roud, Wordsworth n'ignore le mal ni ceux qui le font (ayant souvent ouï / La tranquille et triste musique des humains, / Ni rude ni grinçante, encore que très capable / De tempérer et de soumettre) ; constamment sensible à la souffrance des hommes, il n'est lui-même pas à l'abri des angoisses, des peines, des deuils ; mais on le sent porté davantage à célébrer qu'à maudire, à s'étonner qu'à passer outre sans un regard, à s'enthousiasmer, jamais blasé jamais désenchanté, même une fois rassis par l'âge, si ce n'est de certaines idées d'autrefois, que les événements et le cours de la vie ont modifiées. Il semble, jusqu'à son dernier jour, avoir su conserver son regard d'enfant." #### Biographie Le poète anglais William Wordsworth était encore étudiant à Cambridge lorsque naquit sa passion pour les Alpes, à la lecture des textes de Rousseau. En 1790, il partit pour la Suisse avec un ami et commença à Genève son long voyage d'exploration. Il découvrit les majestueux décors alpins et fut ému par les grandioses paysages s'offrant à lui. Saisi par la beauté de ce pays de montagnes, il parcourut la Suisse de long en large. De retour en Angleterre, Wordsworth se sentait imprégné par la puissance des Alpes, et il leur consacra des pages célèbres de son grand poème autobiographique, le Prélude. On y découvre ses souvenirs encore frais de ses ascensions dans les hauteurs virginales. On peut aussi y lire les sentiments du poète: Nous avions traversé les Alpes alors que nos espoirs nous dirigeaient vers les nuages. Wordsworth revint plus tard en Suisse avec sa femme et sa soeur. Ils se rendirent dans des sites de toute beauté tels que Grindelwald et Meiringen, dans l'Oberland bernois. Le poète s'émut de la beauté d'une cascade, à Lauterbrunnen, qui lui arracha quelques strophes. Revenu à Lausanne, le poète acheva ses trente-huit poèmes, inspirés par ces journées de découvertes. Wordsworth fut un précurseur de la vague des romantiques se rendant dans les Alpes pour y chanter les merveilles des paysages alpins. Son oeuvre fit connaître la Suisse à nombre d'Anglais qui vinrent par la suite s'y établir. ### Le sacré de Rudolf Otto *Théologien protestant (1869 - 1937)* [Wikipedia](http://en.wikipedia.org/wiki/Rudolf_Otto) ### ### La consolation de la philosophie de Boèce (Boethius) *Philosophe chrétien (480 - 524)* [Le texte sur gutenberg.org](https://www.gutenberg.org/ebooks/14328) [Wikipedia](http://fr.wikipedia.org/wiki/Boèce) La consolation de la philosophie Boèce écrivit ce texte dans sa prison de Pavie peu avant d’y être exécuté. Véritable dialogue avec la sagesse divine, ce texte a imprégné toute la pensée occidentale pendant un millénaire, de Dante à Pétrarque, de Boccace à Saint-Thomas d’Aquin ... Cette oeuvre a été la plus lue pendant le moyen-âge après la Bible et la Règle de saint Benoît. Ceux pour qui la philosophie se réduit au maniement de concepts doivent lire ce livre; la Philosophie y est elle-même un personnage, ce qui accentue son rôle crucial dans la vie quotidienne (et ses moments les plus troublants). Si Boèce (480-524) est habituellement identifié à l'aristotélisme et au christianisme, c'est néanmoins au platonisme, au stoïcisme et au néoplatonisme que se réfère surtout la Consolation: a) l'oeuvre emprunte la trajectoire d'un dialogue socratique en ce que, de la suppression des faux-savoirs, l'interlocuteur en vient graduellement à une meilleure approximation du Bien, de la justice, de la providence - d'autre part, la Philosophie fait écho à la prêtresse Diotime du Banquet de Platon, et la connaissance est similairement envisagée comme un enthousiasme, une élévation de l'âme; b) le contexte tragique qui vit naître ce texte rappelle la composition des Lettres à Lucilius de Sénèque; c) le recours fréquent à la poésie et aux mythes par l'allégorie s'inscrit dans l'approche exégétique stoïcienne et néoplatonicienne. Cependant, considérer la Consolation comme un simple résumé de sources anciennes serait une grave erreur, puisqu'on négligerait alors la dimension éminemment personnelle qui rend cette œuvre si forte et émouvante. ### Biographie Anicius Manlius Torquatus Boethius ou Boetius naquit vers 480 dans la ville de Rome, où ses ancêtres avaient exercé les premières charges de l’État. Dès l’âge de dix ans il fut envoyé à Athènes pour y étudier la langue et les sciences de la Grèce, et il y resta dix-huit ans. Pendant ces années studieuses de sa jeunesse, il traduisit divers ouvrages de Ptolémée, de Nicomaque, d’Euclide, de Platon, d’Aristote et d’Archimède, traductions qu’il continua plus tard, dans les intervalles de loisir que lui laissaient les affaires publiques. Odoacre, chef des Hérules, dominait alors l’Italie où il s’était fait reconnaître comme roi, après avoir dépossédé le faible empereur Romulus Augustule, dernier empereur romain. Théodoric, chef des Ostrogoths, se disposait alors à l’établissement de sa domination dans le midi de l’Europe. élevé comme otage à la Cour de Constantinople, il y avait puisé le goût des arts ; son séjour en Italie devait lui apprendre le respect dû à la supériorité des lois romaines. Dès 489 il avait franchi les Alpes. En 493 il avait battu à différentes reprises Odoacre, assassiné, dit-on, ensuite par ses ordres, et avait épousé Audelflède, sœur de Clovis, afin de se fortifier par une alliance avec les Francs. En 497 il s’était fait reconnaître par l’empereur d’Orient Anastase, comme roi d’Italie. En 500 il faisait son entrée solennelle dans la ville de Rome, accueilli par les félicitations du pape, du consul, du Sénat et du peuple. Les deux fils de Boèce, Fl. Hypatius et Patricius, étaient les consuls désignés de cette année. Boèce, personnage consulaire et sénatorial, placé entre ses deux jeunes fils, lui-même jeune encore, puisqu’il avait à peine 45 ans, fut chargé de haranguer, au nom du sénat, le nouveau maître de l’Italie. Il parle de ce jour, dans ses ouvrages, comme de l’un des plus glorieux de sa vie. Sur cette terre dévastée depuis peu par tant de hordes barbares, et abandonnée de ses souverains et de ses possesseurs, c’était un avenir heureux qu’annonçait le triomphe de Théodoric. Depuis sept ans qu’il avait renversé Odoacre, il avait fait éclater les talents d’un grand homme. Arien, ainsi que son armée, il avait montré la plus parfaite tolérance envers les subjugués ; Barbare, il avait adopté les lois et jusqu’au costume des Romains; vainqueur, il avait respecté les propriétés des vaincus ; soldat, il voulut que ses soldats n’eussent droit qu’aux emplois militaires, et conféra tous les emplois civils, fidèlement conservés, aux pacifiques Romains dont il reconnut les lumières. Boèce fut un des premiers qu’il distingua. En se faisant reconnaître par les empereurs, Théodoric s’était réservé le droit de nomination au consulat d’Occident, et Boèce fut nommé par lui consul pour l’année 510 ; en 522, ses deux fils, Symmaque et Boèce, furent ensemble consuls. ### Vie de Samuel Johnson de James Boswell *Ecrivain et avocat écossais (1740 - 1795)* [Wikipedia](http://fr.wikipedia.org/wiki/James_Boswell) Poète, lexicographe, critique et moraliste, le Dr Samuel Johnson trouva en James Boswell un biographe idéal. Le livre que ce dernier tira de leurs entretiens est un chef-d'œuvre que Macaulay considérait comme la meilleure biographie jamais écrite, et Carlyle comme un ouvrage " au-delà de tout autre produit du XVIIIe siècle ". Voici donc enfin la traduction française intégrale d'un des monuments de la littérature et de la culture anglaises. " Sa figure a frappé de stupeur ses contemporains. Ses traits ont été fixés par le peintre Reynolds, qui était de ses amis et de ses commensaux, en une image parlante : la carrure large, le cou enfoncé entre les épaules, un front étroit, plissé, des lèvres épaisses, une lourde tête offusquée d'une vaste perruque de guingois, un grand tricorne clabaud toujours sur les yeux, un habit de grosse toile noire, dont il coulait la pièce à fond, et boutonné tout au long, le visage vérolé et mélancolique. On eût dit, à vingt ans déjà, qu'il entendait tomber ses dernières années comme les gouttes d'une pluie d'hiver sur le pavé. L'irritabilité de son caractère était telle que non content de se ronger les ongles jusqu'au sang, il se raclait en plus les phalanges avec un canif. Il frappait encore par une trépidation perpétuelle et une singulière gesticulation. Voilà pour l'extérieur. A l'intérieur, un volcan. Pour le monde, un dictateur des lettres. Boswell vint à Londres vers 1760, tiraillé entre la volonté de son père, qui voulait lui faire faire son droit, et sa vocation personnelle, qui était de rencontrer des hommes célèbres et de fréquenter des actrices et des dames de petite vertu. Il concilia ses devoirs filiaux et ses inclinations le jour où, dans l'arrière-boutique d'un libraire de Great Russel Street, il fit la connaissance du fameux docteur Johnson, sans se douter que la biographie minutieuse, luxuriante et diffuse qu'il lui consacrerait, lui assurerait, dans le rayonnement d'un astre, l'immortalité d'un satellite. " (Gérard Joulié) #### Biographie James Boswell (1740-1795) est un écrivain et avocat écossais, fils du Lord Alexander Boswell. Il est connu pour sa biographie en deux volumes de la Vie de Samuel Johnson publiée en 1791 considérée comme l'un des chef-d'œuvre de la littérature anglaise du XVIIIe siècle. À partir de 1763, il entreprend un voyage à travers l'Europe où il rencontre notamment Voltaire et Jean-Jacques Rousseau. Sur recommandation de ce dernier, il se rend en Corse à la rencontre de l'éminent Général en chef de la Nation corse Pascal Paoli, avec lequel il se lie d'amitié. Admiratif devant la tentative d'organisation d'un Etat démocratique dans l'île et de la volonté de s'affranchir de toute tutelle étrangère, il se porte ambassadeur de la cause corse auprès de l'Europe des Lumières et publie après son retour en Grande-Bretagne un best-seller traduit dans de nombreuses langues en Europe, son célèbre Account of Corsica, The Journal of a Tour to that Island and Memoirs of Pascal Paoli (1768). ### Descent into Hell de Charles Williams ### ### Theism and Humanism de Arthur James Balfour *Premier ministre britannique (1848 - 1930)* [Wikipedia](http://fr.wikipedia.org/wiki/Arthur_James_Balfour) Arthur James Balfour, 1er comte de Balfour (1848-1930), Premier ministre britannique et chef du parti conservateur, célèbre pour son action en tant que ministre des Affaires étrangères pendant la Première Guerre mondiale. Né en Écosse, il siégea à la Chambre des communes dans les rangs unionistes (conservateurs) de 1874 à 1922. Il devint premier lord au Trésor et chef de la majorité gouvernementale à la Chambre des communes en 1891. Lorsque son oncle, le 3e marquis de Salisbury, se retira en juillet 1902, Balfour prit la tête du gouvernement. Des dissensions à l'intérieur du parti unioniste provoquèrent sa chute en décembre 1905. La Première Guerre mondiale ayant éclaté, il oublia les querelles de parti et entra dans le premier cabinet de coalition dirigé par le Premier ministre Herbert Henry Asquith en 1915, en tant que premier lord de l'Amirauté. Lorsque David Lloyd George devint Premier ministre en décembre 1916, Balfour fut nommé au ministère des Affaires étrangères. Chargé d'obtenir le soutien des États-Unis aux puissances alliées, il dirigea, en 1917, la mission de guerre britannique en Amérique du Nord. En novembre, il publia une lettre d'intention, devenue célèbre sous le nom de déclaration Balfour, qui indiquait que le Royaume-Uni favoriserait la création en Palestine d'un foyer national pour le peuple juif. Après la Première Guerre mondiale, il représenta son pays à la conférence de paix de Versailles, en 1919 (voir Traité de Versailles), puis l'année suivante, à la première conférence de la Société des Nations, et dirigea la délégation britannique à la conférence de Washington en 1921. De 1925 à 1929, il fut de nouveau lord président du Conseil. En reconnaissance de ses services, Balfour fut nommé chancelier de l'université de Cambridge en 1919. En 1922, il fut fait Ier comte de Balfour. Source : C.S. Lewis & Narnia for Dummies — Phil — 2005-11-16
sources inspiration
- https://www.christiancentury.org/article/2011-05/c-s-lewis-s-aeneid
- https://www.lewissociety.org/books/
- https://www.bloomsbury.com/us/c-s-lewiss-list-9781628924152/
- https://en.wikipedia.org/wiki/The_Chronicles_of_Narnia