Pour Lewis, Aslan n'était pas une allégorie mais une « supposition »
Alors que le débat sur l'Aslan de Greta Gerwig enfle, une lettre de Lewis de 1958 rappelle comment il voyait lui-même son lion.

On lit souvent Narnia comme une allégorie chrétienne. Lewis, lui, refusait ce mot. Le 29 décembre 1958, il répond à une lectrice, Mrs Hook, en faisant une distinction précise. Une allégorie, explique-t-il, donne un corps inventé à une idée abstraite, comme le géant Désespoir chez Bunyan.
Aslan fonctionne autrement. Lewis parle d'une « supposition » (supposal en anglais) : il imagine ce que le Christ pourrait devenir s'il existait réellement un monde comme Narnia et s'il choisissait d'y naître, d'y mourir et d'y ressusciter. Dans cette hypothèse, sa mort sur la Table de pierre serait un événement aussi réel que celle du Calvaire. Lewis applique la même méthode à « Perelandra », où il suppose une autre planète avec un premier couple qui, cette fois, ne tombe pas.
Une nuance utile pour lire les livres, et pour suivre les discussions autour du film de 2027.
Sources
- C. S. Lewis, lettre à Mrs Hook, 29 décembre 1958, Letters of C. S. Lewis / Collected Letters, vol. III.
- The Conversation.
- Symbolism and allegory in Lewis.