Le saviez-vous ? Les lettres du diable, nées pendant un sermon ennuyeux
Le livre qui a rendu C.S. Lewis célèbre, bien avant Narnia, est une correspondance entre deux démons, et son idée lui est venue… à l'église.

En juillet 1940, Lewis assiste à l'office de midi dans sa paroisse de Headington Quarry, près d'Oxford. Le sermon ne le passionne guère. Dans une lettre à son frère Warnie, commencée le samedi 20 juillet et poursuivie le lendemain, il raconte qu'avant la fin du culte, une idée de livre l'a frappé : des lettres d'un vieux diable à la retraite à un jeune démon qui s'occupe de son premier « patient ». Dans la même lettre, il dit avoir écouté à la radio, le 19 juillet au soir, un discours de Hitler, et il avoue que, tant que la voix parlait, il était impossible de ne pas vaciller un peu.
Le projet devient « Tactique du diable » (The Screwtape Letters) : 31 lettres de l'oncle Screwtape à son neveu Wormwood, publiées chaque semaine du 2 mai au 28 novembre 1941 dans The Guardian, un hebdomadaire anglican sans lien avec le quotidien actuel. Un pasteur de campagne aurait même résilié son abonnement, jugeant ces conseils « positivement diaboliques ».
Paru en livre en février 1942, l'ouvrage est le premier grand succès de Lewis. Il le dédie à son ami J.R.R. Tolkien.
Voir aussi
Sources
- Magdalen College (Oxford), exposition « C.S. Lewis: Words & Worlds », section « The Screwtape Letters », 2024 (page en ligne retirée).
- Brenton Dickieson, A Pilgrim in Narnia, « How C.S. Lewis Conceived of “The Screwtape Letters” », 15 janvier 2014 (lettre de Lewis à son frère du 20 juillet 1940).
- C.S. Lewis Institute, guide d’étude « The Screwtape Letters » (PDF) : parution dans The Guardian, pasteur désabonné, dédicace à Tolkien.
- « Screwtape in Wartime », C.S. Lewis Journal (George Fox University) : 31 vendredis consécutifs à partir du 2 mai 1941.